François Doillon, traducteur et agent littéraire de Vladislav Krapivine

CRITIQUES

A propos des Enfants du Flamant bleu :

 

Ma nature profondément critique et un rien d’esprit frondeur m’incitent à me méfier des gens dont on dit beaucoup de bien et des œuvres devant lesquelles s’esbaubit le plus grand nombre !

Pour ce qui est de la littérature jeunesse, je suis nourri de Dalens, Foncine, Valbert, d’Yzieu et les autres. Je suis d’emblée curieux d’un nouvel auteur qui arriverait à me les faire oublier. Un nouveau style, une écriture moins incisive, je crains toujours d’être déçu en faisant la comparaison. 

C’est dans cet état d’esprit qu’on ne peut qualifier d’ouvert que j’ai abordé « Les enfants du flamant bleu » confiant malgré tout en la recommandation de l’éditeur qui ne m’a jamais déçu dans ses choix. 

Un roman de 268 pages écrit il y a 24 ans par un Vladislav Krapivine, dont on dit qu’il est le Tolkien russe ?

Devrai-je ajouter que j’ai passé l’âge et l’envie de lire des contes moralisateurs qui, sous couvert d’histoires pour enfants, tentent de faire découvrir au lecteur le monde cruel et inhumain dans lequel il vit quotidiennement… et que je ne supporte les récits fantastiques qu’avec de formidables effets spéciaux et sur grand écran. 

Je n’avais donc rien, vraiment, pour apprécier ce roman, si ce n’est un brin de poésie.

 

Et je le clame très fort : j’ai adoré Les enfants du flamant bleu ! 

J’ai ouvert ce livre certain de me lasser au bout de quelques pages et ne l’ai plus quitté jusqu’à la dernière ligne. 

C’est à la fois un livre pour enfants, pour ados et pour adultes à l’issue duquel on ne sait si le récit n’est qu’un rêve ou une réalité poétique, tant le concret y côtoie le fantastique. Malgré moi j’ai pensé au prisonnier, souvenez-vous… cet homme joué par Patrick McGohan qui vit dans une île où tout et tout le monde est parfait mais dont il n’arrive jamais à s’évader… sinon à la fin de la série. J’ai pensé à Lewis Caroll et à Alice dans son pays des merveilles, à Foncine et à sa bande d’Ayacks en révolte contre l’autorité des adultes, à Peter Pan et à la bande de mômes en lutte contre Crochet… J’ai pensé à l’illusion, l’imaginaire, la guerre des gosses (ou des boutons), à Robin des bois à la sauce cosaque.

On cherche des liens, des inspirations, des styles pour s’apercevoir que cette littérature est propre à Krapivine et à personne d’autre ! 

Sans doute l’auteur sibérien a-t-il absorbé malgré lui les écrits de ses aînés mais il ne fait pas de doute qu’il est un merveilleux conteur d’aventures fantastiques doublé d’un poète de l’enfance…

Le roman nous emporte sur l’île de Dvid, invisible de la mer, en compagnie de Génia, jeune garçon de douze ans qui confond ses jeux de chevalerie à l’épée de bois avec la réalité malsaine des adultes malveillants. 

Risquant la mort pour fuir la cité où règne l’ordre, où on ne rit jamais, où le dragon de mer entretient la peur des habitants, Génia va sauver un oisillon et devenir l’ami du flamant bleu géant. 

Il rencontrera ensuite une bande d’enfants en révolte guidés par un Gali local, et trouvera Jules qui deviendra son ami. Ensemble ils sauront lutter pour recouvrir la liberté au prix de vrais sacrifices.

Légende ? rêve ? réalité ? le lecteur est pris par le récit et demeure, une fois le livre terminé, le compagnon du petit Génia qui a retrouvé ses parents et ne sait pas bien lui-même si son aventure a vraiment existé ?

C’est l’art de Krapivine de rendre passionnante une histoire qui sous toute autre plume eut pu passer pour un conte onirique pour enfant.

Les rêveurs, les aventuriers, les positifs, les littéraires, tout le monde y trouvera son compte… même ceux qui, comme moi, chercheront des références dans la littérature jeunesse pour tenter de donner une étiquette improbable à cet auteur difficilement classable mais combien agréable à lire !

 

Michel Bonvalet. 2006

 

 

A propos du Poste sur le Champ des Ancres :

 

Ce récit, puissant et énigmatique, est le roman de l’amour filial, celui du héros pour sa mère, traité avec une vérité qui touchera les lecteurs adolescents. Mais c’est aussi une réflexion sur le monde, sur l’avenir de nos sociétés, à mi-chemin du fantastique et de la science-fiction, mélangeant mythes, références culturelles, historiques, littéraires. C’est enfin un monde dont la lenteur et l’opacité initiale ne doivent pas masquer la complexité et la virtuosité poétique : l’intrigue, elliptique au début, se déploie progressivement et entraîne le lecteur dans un univers aux dimensions multiples, actualisant dans le champ de la littérature de jeunesse les jeux logiques, voire mathématiques ou philosophiques que l’on retrouve dans la littérature pour adultes.

 

Alain Jamot. 2005

 

 

Toujours à propos du Poste sur le Champ des Ancres :

 

J’ai déjà écrit tout le bien que je pensais de Vladislav Krapivine et de l’originalité de ses ouvrages. 

Une fois encore je demeure sidéré devant l’imagination dont il fait preuve dans ce roman. 

Je n’ai pourtant pas  « accroché » dès la première ligne. C’est à la fois la qualité et le défaut de cet écrivain : on a le sentiment que plusieurs romans se confondent en un seul. Du moins est-ce l’impression que j’ai ressentie.

Est-ce le récit d’un rêve ? Est-ce la réalité ou l’imagination débridée du jeune héros qui nous entraîne ? 

Est-ce un roman de science-fiction ? Un vrai roman d’aventures ? Peut-être n’est-ce que la quête dramatique d’un enfant perdu cherchant les traces de sa mère disparue et sans doute décédée ?

Il faut entrer dans le rêve et ce n’est qu’au bout d’un grand nombre de pages dévorées que le lecteur pourra démêler le vrai de l’onirique, situer le héros, suivre le fil du narrateur qui dialogue avec un  cristal, une pièce de monnaie ancienne porte-bonheur, un adulte manipulateur.

Ce livre peut être lu par tous car chacun y trouvera une raison différente de l’apprécier.

Krapivine est un poète de l’aventure et, si son style est clair, son esprit, lui, semble vagabonder au fil du texte, nous entraînant dans une sorte de rêverie lyrique.

L’histoire est a priori simple :

Hérissons (avec un s) de son vrai nom Radomir est un enfant surdoué à l’imagination fertile qui lui vaut d’être admis dans un lycée réservé à cette élite après la mort de sa mère disparue dans un accident.

Son proviseur, Kantor, le surveille étroitement et semble détenir un pouvoir dépassant de loin celui attribué à ses fonctions.

Hérissons, tout à son chagrin, ne rêve que d’espace, de liberté et de fuir ce collège où il se sent enfermé contre son gré.

Il passe ses moments de fugue sur l’Anneau, sorte de métro circulaire et automatique qui dessert les abords de la ville. Les stations sont annoncées par la voix de sa maman qui travaillait pour la compagnie.

Un jour, la voix si chère annonce une station qu’il ne connaît pas « Champ des Ancres », curieux, Hérissons descend… et l’aventure commence.

Qui sont les enfants rencontrés au cours de sa fugue ? 

Qui est vraiment Kantor ?

Qu’est devenue Maman disparue et si présente à la fois ?

Autant de questions dont le lyrisme talentueux de Krapivine nous apportera un début de réponse… Mais sommes-nous dans le concret ou l’irréel ?

Cet écrivain est une énigme à lui tout seul, il passionne, il agace, il fait rêver mais en même temps il pose de vrais problèmes qui dépassent de loin ceux de l’enfance. Il a sa place dans l’esprit Signe de Piste car tout en s’adressant à l’enfant ou l’ado, il fait appel à ce qu’il a de plus mature.

Si son œuvre entière est du même type, cela promet de bonnes soirées de lecture à venir. Jules Verne s’adressait-il aux enfants ou aux adultes ? Les deux bien entendu ! C’est un auteur visionnaire… Il en est de même de Vladislav Krapivine.

 

Le Cycle du Grand Cristal dont fait partie ce roman comporte 7 tomes liés entre eux et pourtant indépendants. Le Poste sur le Champ des Ancres est le premier de cette série dont nous attendons la suite avec impatience.

 

Michel Bonvalet. 2006

 

 

A propos du Pigeonnier de Villenoix :

 

« Dessine-moi un mouton » demanda le Petit Prince lorsqu’il apparut à St-Exupéry, venu d’une lointaine planète, la plus petite du système… Et l’auteur en tira son meilleur livre plein de morale et de poésie.

 

Iar Rodine vit apparaître, de la même façon, dans la cabine du vaisseau spatial dont il assurait le quart, un enfant d’une dizaine d’années, Ignace, qui va le guider dans une aventure inoubliable dans son monde parallèle.

 

Rêve éveillé ? Science fiction ? Vision due au mal du Cosmos ? Avec Vladislav Krapivine on n’est jamais sûr de savoir dans quelle situation on se trouve. Sa plume donne libre cours à un cheminement d’esprit guidé par son imagination débordante  qui nous promène entre le réalisme et l’onirisme. La frontière est étroite entre les deux tout au long du récit.

C’est ce qui rend ses romans si intenses pour celui qui accepte d’abandonner, l’espace de quelques centaines de pages, son esprit cartésien.

Vladislav Krapivine est un sorcier poète qui a choisi de s’exprimer en extrapolant notre monde dans un avenir lointain ce qui lui permet toutes les outrances, tous les ressorts du conte pour nous tenir en haleine. Et il ne s’en prive pas !

Dans le Pigeonnier de Villenoix, il s’est surpassé pour nous faire toucher du doigt des réalités dramatiques traitées sous la forme d’une aventure de science fiction, du passage entre les mondes parallèles et du voyage spatio-temporel.

 

Saluons le travail des traducteurs qui ont su rendre le texte clair, vivant, et néanmoins très descriptif, respectant en cela le style du narrateur sans jamais fatiguer le lecteur.

 

Il faut lire ce roman ! Le premier d’une trilogie qui, en fait, relate une action qui précède les deux autres romans édités.

Il faut se laisser porter, oublier les récits plus traditionnels auxquels Signe de Piste nous a habitués… S’ouvrir à une littérature qui fait la part belle à l’irrationnel.

 

Iar est littéralement enlevé par Ignace qui va lui faire découvrir ce monde où tout ressemble à la terre et fait remonter en lui des souvenirs d’enfance proches de ceux qu’il vit avec ses quatre nouveaux amis, inconnus encore la veille.

Avec l’adulte, les enfants osent aborder les problèmes qu’ils rencontrent : les interdictions, les invasions, la planète coupée en deux par le fleuve que nul ne franchit dans un sens ou dans un autre… les exodes, les massacres !

Un drame l’obligera à se rebeller contre l’autorité établie avant de retrouver son vaisseau… qu’il quittera de nouveau à la demande d’Alec, de Litro et de Dany, l’égérie du groupe, pour rechercher Iass dont pourtant il a vu la tombe.

 

Après nous avoir bercé entre les deux mondes, l’histoire se termine sur une note d’espoir en nous laissant espérer une suite pour connaître la vraie fin de l’aventure.

L’auteur a le souci permanent de nous faire ressentir les dangers d’un monde trop « politiquement correct » régi par une dictature omniprésente (domination, uniformisation, pensée unique, interdiction, voire extermination dans l’indifférence pour raison d’état).

C’est une constante chez Krapivine, ses héros sont toujours en mouvement à la poursuite d’un Graal sans jamais pouvoir l’atteindre… Ici, c’est l’enfant Ignace (Iass) qui justifie cette recherche, ailleurs c’était la maman.

Ajoutons cette imagination débordante dont le Bredouillot (petite poupée de sable et de cristal tenue par des fils de fer qui répond à une question seulement) est un exemple frappant qui provoque chez moi un enthousiasme jouissif.

Bien malin le lecteur qui démêlera le rêve, l’illusion et la réalité ? Mais est-ce souhaitable ?

Avec Krapivine, il faut mettre le quotidien de côté et s’abandonner au récit en ne boudant pas le plaisir qu’il nous procure… C’est le propre d’un grand écrivain.

 

Michel Bonvalet

                                                                                        

 

A propos de l’Etincelle Vivante :

 

Il m’est toujours très agréable de parler d’un roman de Krapivine tant cet auteur est différent de tout ce qu’on peut lire en matière de littérature de jeunesse.

Pour en apprécier vraiment la saveur, il faut faire abstraction  de toute idée de réalisme comme de science fiction telle qu'on imagine les actions se déroulant dans un monde futur fait de techniques nouvelles, d'architectures futuristes et d'habitations régies par une robotique perfectionnée à l'extrême.
Pas de super héros non plus et encore moins de mutants, de sorciers ou de situations extraordinaires.

Les histoires racontées par Vladislav Krapivine sont des histoires simples, presque quotidiennes mais qui se déroulent dans le futur, le troisième siècle de l'ère cosmique pour la trilogie du Pigeonnier dans la clairière jaune, avec des gens ordinaires, des enfants qui ressemblent aux Ayacks comme des gouttes d’eau.

 

Ils ont à leur disposition d’autres moyens, ceux de leur époque, mais ce ne sont pas ceux-ci qui prédominent dans le déroulement des récits.

 

Certes, il y a un robot farfelu et très évolué, mais il est lui-même techniquement déjà dépassé. Il pense, il fait état de sentiments et rêve de se créer un petit frère pour se donner la réplique. Il y a aussi les Bredouillots dont il est fait état dans l’épisode précédent Le Pigeonnier de Villenoix et autres créatures du type bourdons ou Clowns qui émanent des Mannequins, extra-terrestres dangereux souhaitant faire la conquête de notre monde.

 

Mais avant tout, l’auteur nous conte l’aventure humaine de jeunes garçons désireux de sauver leur Univers et la simplicité de leur mode de vie. On est loin de la science-fiction, plutôt dans le domaine du pur imaginaire où Krapivine prend un plaisir évident à nous promener tout en nous laissant deviner entre les lignes sa vision du monde actuel et de dangers de l’évolution de l’humanité.

 

Et puis il y a ces déchirures spatio-temporelles qui permettent de passer d’une époque à une autre (déjà décrites dans le Pigeonnier puisqu’elles ont permis d’enlever Iaroslav Rodine).

 

Il faut lire Krapivine comme on lit Foncine dont il a parfois les accents et ce style clair et aisé qui est le propre des grands conteurs.

 

Soulignons encore une fois le travail des traducteurs qui ont su conserver ce style en le francisant.


L’Etincelle Vivante nous fait vivre les aventures de Helki (Hélios) élevé par une grand-mère sévère et une tante autoritaire en l’absence de ses parents qui travaillent à l’étranger, de Iouri, petit dur au cœur tendre, de Yannik musicien et petit-fils de musicien dont l’archet magique peut obtenir des sons harmonieux de n’importe quel objet, d’Attila, un robot échappé de l’exposition technique scolaire et d’Edouard, un journaliste arrivé dans le wagon qui leur sert de cabane par une déchirure du temps.

 

Une petite bande sympathique qui s’est mis en tête de créer un robot enfant en appliquant les recettes d’Attila, pour tenir compagnie à celui-ci.

Ils vont ainsi créer une étincelle vivante qui n’est rien moins que la réplique de notre galaxie. A l’infiniment grand répond l’infiniment petit.

Mais en jouant les créateurs, ils vont attirer la convoitise des Clowns, ennemis dangereux venus d’une autre planète…

 

Qui sauvera l’étincelle vivante ?

 

Les personnages sont hauts en couleurs, comme seul Krapivine, ce poète, sait en créer.

 

Le troisième tome à venir coordonnera sans doute les aventures de la petite troupe et du Scadériste héros du Pigeonnier.

 

Michel Bonvalet, 2008

 

A propos de Le garçon et le lézard

 

Voici le dernier volet de la trilogie « Le Pigeonnier dans la clairière jaune »
Celui  qui dévoile le dénouement des aventures de Yar, Iouri, Edouard, du robot Jeannot et de ses amis. Ce petit robot qui apporte l’humour et la fantaisie indispensable pour traiter d’un sujet aussi grave que la révolution.

Pour mémoire : Iar Rodine cosmonaute russe avait été enlevé par un groupe d’enfants en révolte (sur leur planète qui ressemble étrangement à la terre, mais à une autre époque) contre les envahisseurs, ces intelligences supérieures venues d’une autre galaxie qui font régner l’ordre et l’esclavage. Ils empruntent les formes humaines les plus curieuses  et s’introduisent ainsi dans les mannequins, les statues, les clowns faits de bric et de broc, ils se font appeler « ceux qui ordonnent ».
Iar abandonne définitivement son vaisseau pour participer à la résistance, conscient que c’est la galaxie toute entière qui est en danger.

Dans le même temps, sur terre, 3 ados et Jeannot, le robot facétieux doué d’une intelligence supérieure, cherchent à retrouver Iouri qui lui-même a perdu son père dans l’espace temps.
Avec Edouard, le journaliste révolutionnaire, les deux équipes vont se retrouver et unir leurs forces pour vaincre Le Maitre et ses sbires.

Des enfants en révolte contre l’autorité de « ceux qui ordonnent », d’autres enfants victimes ou vivants devenus des Ventelets qui tourbillonnent et peuvent à volonté redevenir humains l’espace de quelques instants, un curieux robot fait d’une caisse, de membres en fil de fer et doué de la vie éternelle grâce à l’étincelle vivante qui l’anime, un cosmonaute venu de la terre, un journaliste égaré de son plein gré dans le temps et chef de la résistance, des envahisseurs habitant des corps de mannequins ou de statues pour asservir et diviser le peuple de cette planète…Tel est l’univers que nous décrit Vladislav Krapivine. 

Un univers qui pourrait être celui d’Alice au pays des merveilles adapté au monde actuel et futur.
Mais le sujet est plus grave, le temps n’existe plus…le rêve pourrait tourner au cauchemar si le talent du conteur ne nous passionnait pour ces enfants, ces Ayacks d’un temps futur, désireux de recouvrer leur liberté et celle de leurs parents.

Fidèle à sa ligne de conduite, et toujours en évoquant un monde imaginaire et onirique en proie à la révolte contre l’autorité déclarée, Krapivine nous délivre un message et nous met en garde contre toute forme de dictature, fut-elle morale,  au nom d’une politique, d’une philosophie voire d’une religion et de toute forme d’intégrisme générant l’esclavage du peuple au profit d’un petit nombre qui détient le savoir et, par là, le pouvoir.

Il met en garde contre l’accablement de ceux, qui accueillant les nouveaux maîtres, se soumettent et acceptent leur domination croyant trouver la solution à toutes leurs craintes et aux problèmes quotidiens que pose la liberté, dont entre autres la sécurité. N’y retrouve-t-on pas là une allégorie de la montée du nazisme dans les années de l’avant guerre, succédant au chaos et à la ruine, pour entraîner les pays d'Europe dans un chaos encore plus dramatique.

C’est ce que j’aime tout particulièrement chez cet auteur qui, par l’intermédiaire des enfants ou des ados, les héros de ses récits, fait passer un message  mettant en garde contre les dictatures .
 
J’ai lu dans une de ses critiques russes qu’on disait de lui qu’il était un des trop rares auteurs à toucher aussi bien les enfants que les adultes, que ce soit par ses histoires proches du fantastique (héroïc-fantasy) que par la morale qui en découle.

Par ailleurs son style, et celui, fidèle, de ses traducteurs, est clair, facile à déchiffrer, grave souvent mais jamais départi de cette poésie présente dans toute son œuvre mêlant onirisme, science fiction, et bonne humeur.

A l’instar du jeune enfant jouant avec le lézard qu’il a pu apprivoiser, le lecteur se laissera très vite entraîner par ce récit en retrouvant le gout de jouer à déceler quelques similitudes entre l’imaginaire et la vie contemporaine. Une sorte de grand jeu dont la liberté  d’être et de penser est l‘unique objectif.

Soulignons au passage les très belles illustrations de E.Sterligova qui ajoutent  une ambiance fantastique au texte.

«  Le Garçon et le Lézard » est une œuvre  magnifique qui prouve que Vladislav Krapivine est l’un des maîtres incontestés de la littérature pour jeunes.

Michel Bonvalet 2011

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